Elle portait un chapeau à larges bords avec des rubans flottants derrière elle quand elle avançait d'un pas décidé vers un but connu d'elle seule. Une jupe longue stricte, un chemisier resserré à la taille et une cravate. Elle sortait d'une de ces gravures anciennes qu'on voit dans les livres d'histoire datant d'avant la première grande guerre. Elle était suivi d'un petit garçon,son fils. Elle a posé son sac de voyage à côté d'elle et a répondu à mes questions avec distance.Elle parlait anglais beaucoup mieux que moi. Elle était sûre d'elle. Elle n'avait pas besoin d'apprendre le français. Dès qu'elle aurait son autorisation,elle filerait vers les Etats-Unis où elle était attendue. Elle n'a suivi mon cours ce jour-là seulement. Je ne l'ai plus revue.
Deux ou trois ans après, dans le hall d'un autre accueil de jour, quelqu'un, qui connaissait mon nom, m'a adressé la parole et m'a demandé poliment:"Professeur, est-ce que je peux venir suivre vos cours pour apprendre le français ?". C'était Nadia. Toute seule. Elle n'avait plus de chapeau. Ses cheveux était devenus blancs. On lui avait pris son petit garçon. Elle vivait dans la rue. Elle n'avait pas oublié son anglais.Elle est venue à mes cours. Elle m'a dit que si tout allait bien elle pourrait retourner en Bulgarie. Si sa belle-mère acceptait de la prendre chez elle.
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