mercredi 4 juin 2008

Violeurs

Il y a des gens qui n'ont pas grand'chose dans la tête. J'ai fait la classe un hiver à un groupe de jeunes gens russes assez attentifs. Ils venaient régulièrement et j'avais l'impression de bien progresser avec eux. Souvent on avait du mal pour installer le paperboard et les chaises mais on finissait par y arriver ; ça marchait. C'était de braves garçons qui ne se compliquaient pas la vie avec la grammaire ou la phonétique. Ils retenaient ce que j'expliquais.
Pendant la période où ils sont venus régulièrement, il y avait aussi un Egyptien qui avait fait le chauffeur de taxi dix ans à New york sans aucun papier, un Thibetain qui s'appelait Tul ou peut-être Til. Je ne sais plus, je cite de mémoire ; je n'ai jamais rien noté. Cela faisait un mois ou deux que ça allait comme ça et j'étais contente de moi et puis un beau jour, plus de Russes.Déçue, je suis allée aux information auprès des gens qui avaient fait les inscriptions et c'est ainsi que j'ai appris que les Russes avaient violé une femme qui assitait épisodiquement à mon cours, une gentille jeune femme silencieuse et douce, également russe. Un soir, ils lui avaient dit que son mari l'attendait dans un wagon désaffecté que la SNCF mettait à la disposition des SDF. Elle les avait crus et voilà.On imagine ce qu'elle avait dû subir. Mais elle ne voulait pas porter plainte. Elle ne voulait pas faire d'histoires et d'abord, elle ne voulait pas que son mari le sache
Ils étaient nombreux, ces Russes et c'est vrai, on pouvait craindre des représailles. Alors on lui a juste conseillé une visite médicale pour voir si elle avait atrapé le sida.
Je n'ai plus revu ces russes-là à mes cours

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